Acte 1 : Aucune
concurrence avec la ligne Athus-Meuse. Si elle était
rouverte, la ligne jouerait un rôle de délestage et de
desserte locale du port de Givet.
Le Conseil syndical interrégional tenait une conférence
de presse le 18.02.2009 au sujet de la potentielle
réouverture de la ligne de chemin de fer reliant Dinant
à Givet. Ceci, près de vingt ans jour pour jour après la
fermeture de celle-ci. Le 9 février 2009, le parlement
wallon votait une motion visant à définitivement rejeter
le projet de réouverture de la ligne 154 (Dinant-Givet).
Si, du côté belge, les portes semblent ‘définitivement’
(à ce moment- là, ndlr) se fermer, un colloque sur le
sujet au parlement wallon venant d’être annulé, le
combat continue de l’autre côté de la frontière. En
démontant notamment l’argument selon lequel la
réouverture tant attendue créerait une concurrence avec
la ligne Athus-Meuse, expert à l’appui. Francis Vérita
précise que "la réouverture éventuelle serait
complémentaire à la ligne Athus-Meuse. Aucune
concurrence en matière de fret n’est envisageable, et
pour cause, c’est techniquement impossible. La vitesse
maximale sur certaines portions est fixée à 60 km/h. Si
elle était rouverte, ce qui parait peu probable, la
ligne jouerait donc un rôle de délestage et de desserte
locale du port de Givet. Une cohabitation avec le Ravel
semble aussi envisageable. (Source La Libre)
[Publié le 2009-03-08]
Acte 2 : Le 04 mars 2009,
le parlement wallon demande la transformation de la
ligne Dinant-Givet en Ravel !
Pour clore un chapitre.
« Ce n'est pas la ligne Dinant-Givet qui est fermée pour
la deuxième fois. C'est l'espérance. » Conclusion tirée
par Claude Wallendorff, maire de Givet, venu à Namur
suivre le débat des parlementaires wallons sur un sujet
qui lui est cher. Et, effectivement, au terme d'une
petite heure d'échanges, on peut dire que l'hypothèse
d'une réouverture de la ligne Dinant-Givet n'a jamais
été aussi lointaine.
En adoptant la motion qui leur était proposée, les
députés de la majorité socialiste-humaniste demandent au
gouvernement wallon de prendre une option définitive
pour que ce qui reste de la ligne Dinant-Givet soit
transformé en Ravel. Mais comme les infrastructures
ferroviaires sont du ressort du fédéral, le gouvernement
wallon devra d'abord s'adresser à la SNCB et au ministre
des Transports pour que cette option soit mise en œuvre.
Autant dire que la motion a une portée symbolique à
trois mois des élections régionales.
N'empêche, elle a eu le mérite de rouvrir le débat, même
en dehors du parlement. Une délégation du Rassemblement
Wallonie France, Paul-Henry Gendebien en tête, a
accueilli les députés wallons à leur arrivée pour leur
demander ne pas voter le démantèlement de la voie ferrée
Dinant-Givet, une initiative qualifiée d'«
antiéconomique et anti écologique ».
Des termes que n'aurait pas réfutés Willy Borsus (MR),
le premier à monter à la tribune. Même s'il a préféré
parler d'un « conservatisme de mauvais aloi » pour
qualifier la motion. Avant d'avertir : « Ce qui vous est
demandé, c'est de vous priver d'avenir, c'est de priver
la région de Dinant-Philippeville d'un outil de
développement ». Pour le MR, le plus sage serait de
remettre le sujet à l'étude et de relancer les
discussions avec les Français qui sont les premiers
demandeurs d'une réouverture.
Sans surprise, Bernard Wesphael (Ecolo) a embrayé dans
le même sens. Evoquant la « vision passéiste » des
défenseurs de la motion. Mais il a aussi insisté sur
l'intérêt nouveau qu'il y aurait à rouvrir la ligne
Dinant-Givet qui « mettrait Reims et les lignes TGV
françaises à une grosse heure de Dinant ».
Mais pour les députés de la majorité, l'enjeu est
ailleurs. Maurice Bayenet (PS), le premier, a rappelé
qu'il y a vingt ans (en d’autres temps et circonstances,
ndlr), quand la ligne Dinant-Givet a été fermée, «
toutes les forces vives wallonnes s'étaient battues pour
que Dinant ne reste pas un cul-de-sac ferroviaire ». Et
l'option retenue avait été celle de l'électrification de
la ligne Athus-Meuse, voie prioritaire pour le transport
de marchandises à travers la Wallonie.
Et c'est précisément sur ce terrain que s'est exprimé
Michel Lebrun (CDH). Pour lui la réouverture éventuelle
de la ligne ne profiterait pas qu'aux quelques citoyens
de Givet qui viennent se faire soigner à Dinant ou
dépenser leur argent au casino. Il a cité un rapport
récent du conseil économique et social de la région
Champagne-Ardenne selon lequel la réouverture de la
ligne Dinant-Givet « autoriserait une liaison Nord-Sud
entre Anvers – Namur, Reims – Auxerre, puis le sud de la
France. Elle pourrait être une alternative au sillon
lorrain très utilisé ». Un sillon lorrain qui est en
fait la prolongation française de la ligne Athus-Meuse.
On voudrait tuer cet axe prioritaire wallon qu'il
suffirait de rouvrir Dinant-Givet, selon Michel Lebrun.
(Source : La Libre, 05.03.2009)
Acte 3 : Malgré le vote
du parlement wallon, les partisans de la ligne
Dinant-Givet ne désarment pas. En France et en Belgique.
Pour ses partisans, il faut peut-être reconsidérer le
potentiel international de la ligne Dinant-Givet, ou
plutôt Namur-Reims. Surtout que depuis deux ans, le
TGV-Est arrive dans la gare de la capitale de la
Champagne.
Des motions, il y en a plein les armoires du parlement
wallon », tranche le député Willy Borsus (MR), à l'issue
d'une conférence de presse organisée, lundi 09 mars
2009, pour plaider en faveur de la réouverture de la
ligne de chemin de fer Dinant-Givet. Autrement dit, la
motion demandant le démantèlement de la ligne au profit
du Ravel, adoptée mercredi 04 mars 2009 par la majorité
PS-CDH, n'empêche pas de relancer le débat.
Débat qui aurait dû prendre la forme d'un colloque dans
les murs du Parlement wallon, mais qui ne s'y tiendra
qu'en automne, en raison de la proximité avec les
élections régionales.
En attendant, les partisans, réunis à Dinant par le
bourgmestre Richard Fournaux (MR) et le maire de Givet,
Claude Wallendorff (UMP), fourbissent leurs arguments.
Avec une première recommandation, ne dites plus ligne
Dinant-Givet, mais parlez plutôt de la ligne
Namur-Reims, histoire d'inscrire la discussion dans un
contexte plus européen.
C'est surtout du côté français que la demande de
réouverture est forte et constante. Et elle traverse
tous les partis, du PCF à l'UMP, en passant par le Parti
socialiste. Le président du Conseil général des Ardennes
et sénateur Benoît Huré (UMP) a rappelé le point de vue
officiel de la France dans ce dossier. Avec un argument
de poids que les parlementaires wallons avaient,
peut-être, un peu vite balayé. « La ligne Dinant-Givet,
c'est 22 kilomètres d'infrastructure, 19 en Belgique et
3 en France. Et les Français sont prêts à payer la
moitié de la facture. Ce serait une première en Europe.
Ces crédits sont ouverts, mais on ne sait pas pour
combien de temps. » La somme des travaux de rénovation
de la ligne Dinant-Givet est estimée à 23 ou 24 millions
d'euros.
Les partisans de la ligne ont découvert les travaux d'un
expert suisse des relations ferroviaires
transfrontalières, Markus Rieder. Il s'est intéressé à
la liaison Dinant-Givet dans le cadre de sa thèse de
doctorat. Il estime, et il n'est pas le seul, que
l'argument principal des opposants à la réouverture, à
savoir le risque de concurrence avec la ligne Athus-Meuse,
ne tient pas la voie. Même remise en état, la ligne
Dinant-Givet n'aura jamais la capacité d'aller au-delà
d'un trafic marchandises local. Juste suffisant pour
desservir le port de Givet, estime l'expert. Pour qui,
en revanche, il n'y a pas d'incompatibilité entre la
ligne de chemin de fer et le Ravel, qui pourraient se
dérouler côte à côte. Selon Markus Rieder, « le
potentiel local en voyageurs est suffisant aujourd'hui
pour rouvrir la ligne à condition de prévoir un service
minimum de 18 allers-retours cadencés ».
D'autres intervenants ont souligné que le potentiel
international de la ligne avait évolué, depuis 2007,
avec l'arrivée du TGV-Est, en gare de Reims. Reims qui
pourrait être atteint en moins de deux heures au départ
de Namur.
(Source : Le Soir : J-P. PE)
Acte 4 : Question
parlementaire le 09 mars 2009.
Un député fédéral a
posé une question parlementaire au vice-premier ministre
et ministre de la Fonction publique, des Entreprises
publiques et des Réformes institutionnelles sur "les
possibilités de réouverture de la ligne Dinant-Givet",
en s’exprimant comme suit : « Les autorités françaises
et des syndicats français ou belges plaident pour une
étude en vue de rouvrir la ligne 154 Dinant-Givet. Le
Président de la République, alors candidat, avait déjà
soutenu ce projet. Cette réouverture désenclaverait
Dinant, constituant un atout pour l'emploi et le
tourisme. Namur serait reliée aux lignes TGV au départ
de Reims ou Charleville-Mézières. Quelle est votre
opinion sur la réouverture de la ligne 154 ? Avez-vous
eu un contact à ce sujet avec des autorités françaises ?
Ne faudrait-il pas connaître leurs intentions ? Cette
réouverture concurrencerait-elle la ligne Athus-Meuse ?
Pouvez-vous vous engager à ne pas prendre de décisions
qui rendraient très difficile une réouverture future ? »
Le lundi 09 mars 2009, Steven Vanackere, ministre (en
français) répond.
« À l'heure actuelle, une réouverture
n'est pas prévue. Les conclusions d'une étude de
faisabilité réalisée en 2003-2004 ont amené les
autorités à ne pas donner suite au projet. En effet, le
potentiel de voyageurs de la ligne Dinant-Givet ne
justifiait aucune offre de transport et, partant, aucun
engagement de travaux d’infrastructure nécessaires. Les
travaux d'infrastructure avaient été estimés en 2004 à
20,8 millions d’euros, ce qui ferait aujourd’hui 27,4
millions d’euros. Une réunion sur ce sujet s'est tenue
le 2 décembre 2008 à Charleville-Mézières entre les
autorités françaises, le SPF Mobilité et Transport,
Infrabel et la SNCB. Les autorités françaises y ont
exprimé le souhait de cette réouverture et les premières
propositions relatives au financement ont été avancées.
RFF, gestionnaire de l'infrastructure en France, et
Infrabel sont chargés d’actualiser l'étude sur les
investissements. Une étude de marché sera entreprise
pour connaître le potentiel commercial, soit du
périmètre Givet-Dinant, soit du périmètre Reims-Namur.
Les partenaires se sont accordés pour une décision en
2012 sur des bases précises et actualisées. Les
hypothèses de trafic de l’étude de 2003 devront être
révisées pour tenir compte de l’arrivée du TGVEst à
Reims et à Charleville-Mézières. Un groupe de travail
sera constitué avec la préfecture de Région, la
Direction régionale de l'équipement, le Conseil régional
de Champagne-Ardenne et la SNCF pour la France ; la
Région wallonne et la SNCB pour la Belgique. Le contenu
de ce travail alimentera la démarche prospective et
programmatique réalisée par Infrabel. Ces études
permettront, si le projet est retenu par l'ensemble des
parties, de lancer des négociations qui porteront sur le
partage financier et opérationnel de ce projet,
l'investissement pour la réouverture de la ligne et les
conditions d'exploitation de cette ligne. Dans le
contexte de libéralisation du transport de marchan-dises,
le choix d'un itinéraire relève des décisions des
entreprises ferroviaires. Il convient cependant de noter
que la réouverture du tronçon permettrait de créer une
connexion parallèle à l'axe Athus-Meuse.
Il n'entre pas
dans les intentions du Groupe SNCB de procéder au
démantèlement de l'assiette de la voie existante.
[Publié le 2009-03-22]
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